6 – Je m’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie…

A mes yeux, l’amour de soi et l’auto-éducation sont liés.
Je m’explique.
Lorsque nous sommes enfant, nous recevons une éducation de la part de nos tuteurs. Ils feront certainement de leur mieux pour nous inculquer les meilleurs valeurs de vie et développer en nous ce qu’il y a de meilleur, tout en apprivoisant nos défauts et nos tares. Nous n’avons aucune emprise sur cette éducation que nous recevons. Nous sommes alors bien trop vulnérables et bien trop dociles pour trier toutes ces informations. Mais une fois adulte…
Une fois adulte, nous avons pleine conscience de qui nous sommes. Nous connaissons notre personnalité, nos qualités, nos défauts, nos peurs et nos faiblesses. Nous savons également où nous en sommes dans notre état d’esprit. Parce que logiquement, nous nous sommes déjà remis en question et interrogé sur notre personne. Et si ce n’est pas le cas, il n’est pas trop tard pour le faire.

Alors…
Logiquement…
Lorsqu’on s’aperçoit que certaines choses ne vont pas dans notre attitude, que nous avons des lacunes avec certaines visions des choses ou encore qu’il y a des complexes et des frustrations en nous qui nous bloquent dans notre épanouissement personnel, qu’est-ce qu’on attend pour y remédier ? Qu’est-ce qui nous empêche de compléter, nous-même et pour nous-même avant tout, l’éducation que l’on a reçu ?

Parce qu’on ne fini jamais de peaufiner la personne que l’on est. Ça me rappel la phrase qu’un de mes professeurs de dessin m’avait dite un jour. Je lui tendais mon dessin en disant : « voilà, il est terminé ». Il me répondit alors :  « une oeuvre n’est jamais terminée Sarah, on peut toujours y apporter des modifications, on peut toujours l’améliorer ».

Nous sommes des œuvres inachevées qui méritent toute l’attention possible. Avec soin et minutie, avec patience et endurance, avec douceur et indulgence. Prenons soin de la personne que nous sommes. Corrigeons-nous, apprenons-nous, aimons-nous.

D’abord en acceptant d’être celui/celle que nous sommes. En me disant que j’accepte avoir un tempérament impulsif par moment, j’accepte avoir du mal parfois à recevoir des critiques, j’accepte être celle que je suis aujourd’hui, à l’instant même où j’écris ces lignes, avec mes talents, mes capacités et mes exploits. Je m’accepte physiquement aussi. Avec mes défauts et mes atouts. C’est une étape difficile, surtout dans une société comme la nôtre qui prône les diktats d’une beauté toujours plus utopique.

Mais ce n’est pas parce que je m’accepte dans mon entièreté que j’approuve qui je suis. Je me rappelle que je suis en quête d’amélioration.

Ensuite en se respectant. Parce que je respecte le chemin de vie que j’ai parcouru, je respecte mon corps, mon cœur, mon esprit et mon âme. Je me souviens de cette phrase que ma sœur Maryam m’a répété plusieurs fois, quelques jours après ma séparation : « ce que tu as vécu, ce n’est rien d’autre qu’une épreuve et une expérience de vie. Accepte-le car cela fait à présent partie de toi ». Je respecte cela aussi, comme les épisodes les plus sombres et les plus lumineux de ma vie.

Puis, en se voulant du bien. En ayant envers nous-même une attitude bienveillante. En prenant soin de nous comme nous prendrions soin d’un être cher. Parce que se faire du bien mène à un épanouissement certain et à une sphère de positivité. Et la positivité est plus qu’essentielle pour s’aimer et être heureux.

Ma mère a une amie qui s’appelle Fadwa. Cette femme m’a toujours impressionné parce qu’elle avait la force et la capacité à ensoleiller ma journée à l’aide d’une seule phrase. Mais cette phrase était tellement valorisante et chargée de positivité qu’elle chassait de mon cœur et de ma tête les ondes et les pensées négatives qui y stagnait.

Nous connaissons tous des personnes dans notre entourage qui sont pleines de ce positivisme et qui, même inconsciemment, nous contaminent et nous font grandement apprécier leur compagnie. Tendons à devenir ce genre de personne. Celle dont on recherche la présence par simple envie.

L’auto-éducation nous mène à nous améliorer. Et en nous améliorant, nous nous aimons davantage parce que nous apprécions la personne que nous devenons. C’est une forme d’auto-critique, mais tout en douceur, sans jugements et sans moqueries. Une auto-critique qui pousse à un dépassement de soi. Sans l’orgueil ni la prétention de se trouver suffisamment bien et de ne pas vouloir changer.

Je vois ça un peu comme les chaînes de solidarité : lorsque quelqu’un vous rend un service, vous rendez alors un service à quelqu’un d’autre, et ainsi de suite.

Personne n’est parfait et personne n’atteindra la perfection. Là n’est pas le but. Il y a dans l’amour et le respect des forces qui peuvent soulever des montagnes. Et en voulant pour nous ce qu’on aime chez les autres, on finira par vouloir pour les autres ce qu’on aime pour nous.

L’envie et la jalousie sont souvent des freins conséquents à l’épanouissement. Se comparer inlassablement aux autres nous plonge dans une compétition qui n’a pas lieu d’être. Il faut s’affirmer sans blesser, accepter de donner mais aussi de recevoir.  Et vivre à son rythme, sans chercher à dépasser l’autre par fierté.

Nous avons tellement d’outils à notre disposition, tellement des livres, tellement de reportages, tellement de prêches et d’informateurs. Je ne pense pas que nous ayons encore l’excuse de ne pas faire attention à qui nous sommes et ne pas nous corriger dans nos erreurs et nos manquements.

Je suis en âge de vérifier ce que mes parents m’ont enseigné. J’ai toutes les clés en main pour poursuivre la route de mon éducation. Et cela commence par des choses tellement simples.

– Suis-je assez mature pour présenter mes excuses lorsque je fais du tort à quelqu’un ?
– Est-ce que je prends suffisamment des nouvelles des autres avant de leur reprocher de ne pas prendre des miennes ?
– Ai-je pris le temps de lui expliquer où est son erreur avant de la juger ?
– Suis-je capable d’accepter de me tromper, parfois même très souvent ?
– Fais-je assez de compliments et de remarques positives ?
– Combien de fois ai-je rendu service à quelqu’un sans attendre un retour de sa part ?

Ma remise en question commence maintenant. Et vous ?

4 réflexions au sujet de « 6 – Je m’aime un peu, beaucoup, passionnément, à la folie… »

  1. Chère Sarah,
    Très bel article. Pour changer nos circonstances il faut d’abord changer ce qui est en nous. Et pour s’améliorer, il faut d’abord s’accepter et s’aimer soi-même. Et apprendre à être doux avec soi-même. Au final, ce qui compte est de faire du progrès dans la vie – chacun à sa vitesse – car si on vise la perfection (qu’on croit voir dans la vie des autres) on ne sera jamais satisfait. Juste parce que la perfection n’existe pas dans ce monde qui est fait de lumière et d’obscurité… Voici mes quelques réflexions :-). Je te recommande les podcast de Yasmin Mogahed, je ne sais pas si tu la connais. (Je t’ai laissé aussi un autre commentaire à ce sujet dans ton 2e article)
    Merci, salam.
    Elitsa
    Ps. Ta soeur est très sage!!

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      1. Merci Sarah…ce dont tu parles est très proche de mon propre vécu. C’est génial que tu en parles. C’est rassurant de savoir que ce sont aussi des expériences, épreuves, leçons d’autres (belles) personnes 🙂
        Prends soin de toi

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  2. Salam,
    J’apprecie énormément ta façon d’écrire les choses Sarah masha Allah 😍, je me retrouve dans ce que tu écris et ça fait du bien…

    Toujours hâte de te lire…

    Merci à toi 😘

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