10 – Quelle bien mauvaise amie tu es…

Est-ce que l’amitié existe vraiment ? 
Parfois, j’en ai de sérieux doutes. Ce ne sont peut-être que des moments d’amitié sur lesquels il ne faut pas fonder trop d’espoir. Je ne sais plus trop… 

Avec le temps et les mauvaises expériences amicales que j’ai traversé, l’amitié a perdu de sa popularité dans mon cœur. C’est sûr, mieux vaut marcher seule que mal accompagnée. Et moi qui n’appréciait tellement pas la solitude, j’ai fini par m’y accoutumer. Passer du temps avec soi-même, c’est une forme de thérapie dans laquelle on apprend à se connaître et à apprécier notre propre présence. Parce que parfois, lorsqu’on est trop entourées, on fini par s’oublier.

Moi, je n’ai pas réalisé directement que j’avais à mes côté, une amie toxique…

Je n’ai pas réalisé que lorsque je me confiais à elle, ses conseils n’avaient aucune sagesse. Elle n’hésitait pas à blâmer davantage la personne qui m’avait tracassé, allant jusqu’au mépris même quand il ne s’agissait de pas grand chose. Elle était une mauvaise conseillère, un peu comme Grima, le proche conseiller du Roi Théoden dans le Seigneur des Anneaux. Une langue de vipère dont les paroles hypnotisaient mon esprit. Il m’arrivait même de me sentir obligée de passer par elle pour approuver mes choix. Quand j’y pense… Son venin a été capable de semer la discorde entre ma mère et moi. Et aveuglée par ses mots, je lui avais loué une loyauté sans faille.

Elle n’était pas digne de confiance. Ça non plus, je ne l’ai pas remarqué directement. Pourtant, bon nombre de fois elle a conté mes confidences ou des faits qui m’appartenaient et dont j’étais seule décideuse de qui en partagerait la révélation. Elle se délectait de mes histoires puis accourait les raconter aux autres. Et quand elle était à mes côtés, et que je partageais ma confidence avec une tierce personne, elle ne pouvait s’empêchait de m’arracher les mots pour la narrer à ma place.

Son emprise était parfois si grande, qu’elle parvenait à me manipuler pour lui acheter des vêtements alors que mon revenu était des plus maigres. Il en était de même pour la nourriture. Et on connait toutes une personnes qui aime être présente à toutes les sorties, toutes les promenades mais qui prétend ne jamais avoir de sous sur elle. Alors on se retrouve à choisir entre s’abstenir d’acheter un sandwich ou de devoir lui en acheter un à elle aussi.

Je ne critique absolument pas les personnes qui n’ont pas les moyens pour s’offrir un casse-croûte ou autre lors d’une sortie entre amies. J’ai moi-même été longtemps de celles qui n’ont pas le porte-feuille lourd. Mais je n’ai jamais profité ou attendu de la part de l’une d’elles qu’elles m’offrent l’équivalent de leur achat. Et lorsque je savais qu’une sortie coûteuse m’attendait, je m’excusais de mon absence mais je ne m’imposais pas avec mes poches vides en attendant silencieusement que l’une de mes amies me fasse la charité. Ça peut arriver de temps en temps, mais lorsque c’est répétitif, on s’adapte autrement. Le fait est que j’ai été naïve de croire qu’elle n’avait rien et sans jamais rien lui refuser, je n’hésitais pas à lui offrir repas, vêtements et autre.

Les choses ont été plus loin encore. Mais c’est là que j’ai commencé à ouvrir les yeux…

Je la sentais lourde sur mon dos à vouloir contrôler ma vie et m’imposer ses propres décisions. Elle ne se réjouissait pas de mon bonheur. Pire, me faisait culpabiliser quand mes choix ne lui plaisaient pas. Je sentais que je n’évoluais pas, que quelque chose me freinait. Et quand je prenais mes distances, elle revenait avec ses douleurs et ses malheurs, misérable et vulnérable et j’avais pitié d’elle. Sa victimisation faisait probablement partie de sa manipulation. Et ça fonctionnait tellement bien sur moi. J’en arrivais à être très mal à l’aise des compliments qu’on me faisait devant elle. Je savais que ça lui faisait mal. Alors j’ai commencé à la mettre en avant. Mais là encore, j’ai été stupide. J’ai pensé qu’en agissant de la sorte, je me libérerais de ce poids sur mes épaules, mais ce poids n’a cessé de grandir. Alors que jusque là, j’avais l’impression d’être son égale, mon sentiment a basculé et j’ai réalisé qu’elle commençait à m’écraser et que je n’avais pas d’importance à ses yeux.

Ceux qui me faisaient du mal restaient ses amis. Et quand je lui réclamais un peu plus de loyauté, elle me répondait qu’à elle, ils ne lui avaient rien fait.

Les choses ont commencé à être claires. Elle n’était pas mon amie. Elle ne me voulait aucun bien.

Je tenté de lui faire comprendre que je n’en pouvais plus de sa jalousie, de ses critiques incessantes, de ses jugements, des choix qu’elle m’imposait discrètement et de son attitude malveillante envers moi. Que tout ça ne représentait pas l’image que j’avais de l’amitié et que c’était en train de créer un fossé entre nous.

J’avais l’espoir que les choses s’arrangeraient et qu’une réelle relation fraternelle remplacerait ces ambiguïtés. Mais on ne change pas quelqu’un qui n’a pas envie de changer. Et quand le mal se fait trop intense, la chose à faire est de s’éloigner de ce mal pour se sauver.

Le temps et la distance m’ont révélés bien des choses que j’ignorais sur cette amie. Je vous passe la série de mensonges qui ont refait surface. Mais je n’en étais plus à ça près de toute façon.

Je vous raconte cette histoire pour que vous ne fassiez pas les mêmes erreurs que moi, pour que vous ne tombiez pas dans le piège des fausses amies qui sont en réalité des poisons dans votre existence. Ces fausses amies jouent parfois la comédie à la perfection et vous donne l’impression que sans elles, vous êtes vides et creuses. Elles savent se rendre indispensables et vous semblent dévouées. Mais ce ne sont que des illusions. Elles n’attendent en réalité que le bon moment pour vous atteindre là où ça vous fera le plus mal, et grâce à vos confidences, elles sauront parfaitement où frapper.

Ne laissez jamais une amie dire du mal d’un membre de votre famille juste parce que ça ne va pas trop avec l’un d’eux. Une vraie amie fera tout pour vous réconcilier car elle sait combien les liens familiaux sont précieux.

Ne permettez jamais à une amie de décider à votre place. Qu’elle soit bonne conseillère, mais qu’elle respecte votre choix quel qu’il soit.

Une amie qui permet aux autres de dire du mal de vous, en votre présence ou votre absence, n’est pas une amie. Ou une amie qui n’a pas honte de rire aux éclats avec ceux qui vous ont causé du tort, sans le moindre remord.

Quel genre d’amie ne se réjouit pas pour vous ? Quel genre d’amie s’emplit de jalousie lorsqu’un bien vous atteint ? Ce ne sont là pas des sentiments sains ?

Alors, préservez-vous ? Toutes vos amies ne sont pas dignes de partager vos victoires. Toutes ne sont pas dignes de vos réussites et de vos bienfaits. Toutes ne sont tout simplement pas dignes de vous…

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* Châle – occre jaune – Camaïeu

4 réflexions au sujet de « 10 – Quelle bien mauvaise amie tu es… »

  1. Bonjour Sarah,
    merci de partager ton vécu de façon si sincère et éloquente!
    Est-ce que tu pourrais partager dans l’avenir un article sur tes livres préférés en ce moment ou de façon générale? Je pense que ce seraient fort intéressant!
    Merci, salam… et prends soin de toi!
    Bisous,
    Eli

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  2. Bonsoir Sarah,

    Malheureusement ce sont les expériences de la vie. Ce sont même des passages obligés pour apprendre à connaître ses limites, ce qui passe ou ne passe pas, ce qui ne passera plus jamais. Je te comprend totalement. J’ai vécu une expérience similaire il y a quelques années. Mais je pense que c’est ça la maturité. Se rendre compte de qui l’on est vraiment. C’est à ce moment là que l’on s’entoure des bonnes personnes pour nous, des personnes qui correspondent à ce que l’on entend par le mot amitié.

    En tout cas j’aime beaucoup te lire.

    Prend soin de toi.

    L’autre Sarah.

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