11 – Ces signes qui ne trompent pas mais qu’on refuse de voir…

Depuis la publication de mon article 2 (Ces choses qu’on ne te dit pas avant de te marier), vous avez été nombreuses à me poser des questions concernant ces choses qui ont fait que j’en suis arrivée à divorcer. 

Ces choses qui me faisaient mal et qui me semblaient anormales mais que je refusais de voir. Et aveuglement, je tentais d’avancer dans une relation qui était vouée à l’échec. C’était peut-être un déni, un refus de considérer que ces événements faisaient réellement partie de ma vie. Parce qu’au fond, je savais que ça ne présageait rien de bien.

Aujourd’hui, avec le recul que j’ai sur cette expérience de ma vie, je réalise que cet homme avait sur moi une réelle emprise. Ma nature de femme révoltée contre les injustices s’est éteinte à ses côtés. Je n’avais plus cette force de caractère qu’on me connaissait bien, ni même cette ferveur et cette vivacité qui faisait partie de moi autrefois. J’étais devenue docile, soumise et totalement manipulable. 

Alors, je n’ai rien dis à personne quand au matin de ma nuit de noce, sa mère a sonné à la porte de notre appartement et s’est glissée dans le lit conjugal alors qu’il y était encore. Debout, face à cette scène, je n’ai même rien su penser quand elle s’est collée à lui en criant : c’est mon fils le plus beau, c’est mon fils le plus beau !

Je n’ai rien dit non plus quand il a ouvert les enveloppes de mes invitées et qu’il y a extirpé les billets qui s’y trouvaient en me disant de ne pas m’en faire, qu’il allait mettre cet argent en lieu sûr. Je n’ai, à ce jour, jamais revu cette somme.

J’ai gardé le silence quand je voyais qu’il ne faisait pas les courses, mais qu’il rentrait de ses promenades avec un sandwich qu’il mangeait devant moi, sachant que j’étais restée le ventre vide.

Je me suis tue quand il me criait dessus parce que j’allumais le chauffage, prétextant que cela revenait trop cher et qu’il fallait que je supporte le froid en m’habillant plus chaudement.

Je n’ai toujours rien dit quand il râlait parce que je me servais trop souvent de médicaments lorsque j’étais malade. Ma santé passait après le prix de ces cachets.

Je n’ai rien dit lorsque j’ai remarqué que mes bijoux commençaient à disparaître et que j’ai réalisé qu’il me les prenait en cachette pour en faire Dieu sait quoi.

Je gardais pour moi ces nombreuses déceptions. Je mettais mon jogging et j’allais courir. Et lorsque j’étais assez loin, je criais de toutes mes forces la peine accumulée dans mon cœur. Je criais et je pleurais et je demandais à Dieu si ma vie allait être comme ça pour toujours. Je lui demandais de le changer, je me rendre fière de lui et de me donner la patience d’attendre ce changement. Mais ce qui était inévitable, c’était que l’amour que je lui portais diminuait de jour en jour.

Comment pouvais-je continuer d’aimer un homme qui ne faisait rien pour moi ni pour me rendre heureuse ?

Les semaines passaient et je réalisais que ce n’était pas normal qu’il me regarde vomir suite à une indigestion et qu’il me dise en me tournant le dos : « bon, je sors marcher un peu, ciao ».

Comment pouvait-il avoir le cœur si dur ? N’avait-il donc pas pitié de moi ?

Alors, un soir, je lui ai dis : « tu sais, l’amour il faut l’entretenir, sinon il diminue ». Sa seule réponse fut : « t’es culottée de me dire ça ! ».

Ce soir là, j’ai compris que depuis le début, il ne m’avait jamais aimé. J’étais pour lui comme une col-locataire qui se chargeait du linge et du ménage gratuitement. J’étais celle qui lui massait les pieds jusqu’à ce qu’il s’endorme, celle qui repassait son linge, celle avec qui il aimait s’afficher en public mais qu’il ne chérissait pas en privé, celle qui n’était jamais assez mince, jamais assez belle, jamais assez intelligente.

Son emprise est devenue si forte que je n’osais plus manger devant lui. Alors je m’achetais des biscuits que je cachais dans la salle de bain. Et lorsque j’avais trop faim, je feignais aller aux toilettes et je mangeais sans faire de bruit. J’étais complexée, renfermée, isolée et je mentais tout le temps. A ma famille, à mes amies, à moi-même. 

« Je vais bien, j’ai toujours voulu être aussi mince, je suis heureuse, mon mari est un homme bien. »

J’étais résolue au fond de moi, ma vie serait ainsi. Il avait été capable de me persuader qu’elle ne pourrait être autrement, que c’était mon destin et que je devais l’accepter.


Je n’écris pas tout ceci pour attirer votre pitié. Je vous dévoile ces faits pour que vous puissiez comparer mes signes aux vôtres, pour que vous vous rendiez compte de ce que ça donne de l’extérieur, quand il n’y plus personne pour vous manipuler et vous faire croire que tout est normal quand ça ne l’est pas. 

Sans l’intervention de mes parents, je n’aurai pas été capable de sortir seule de ce tourment. Malgré mes mensonges, la vérité a fini par éclater et ce cauchemar a prit fin.

Isolée et terrée dans le silence, j’étais une proie facile. 
Parce que je pensais que je devais préserver son honneur, mais il aurait fallu qu’il en ait un. 
Parce que je pensais qu’il fallait garder pour soi les problèmes d’ordre privé. Et c’est vrai, mais pas lorsqu’ils prennent une telle ampleur. 

Il y a des hommes qui se marient pour l’image que cela donne.
Sans amour, sans bienveillance, sans connaissances de ce que cela implique. Ils nous racontent des contes de fées pour nous attirer et nous font croire des bobards pour nous avoir.

Malheureusement, nous sommes nombreuses à nous être coincé les ailes dans leurs filets, mais il n’est pas trop tard pour s’extirper de ce piège et reprendre notre envole. Il faut juste d’abord ouvrir grand les yeux, grand les oreilles et grand la bouche puis crier de toutes nos forces et reprendre notre vie en main.

6 réflexions au sujet de « 11 – Ces signes qui ne trompent pas mais qu’on refuse de voir… »

  1. j’ai mal au cœur en te lisant, Sarah. je te connais très peu mais ça se voit de loin que tu es une belle personne, une personne pleine de joie, de beauté extérieure et intérieure et de vraies valeurs. c’est horrible qu’il existe des hommes qui serait capables d’abuser de quelqu’un comme toi…
    mais je n’ai pas pitié de toi. j’ai pitié de ce pervers narcissique. car on finit toujours par récolter ce qu’on a semé et il souffrira de ses actes le moment venu.
    quant à toi, en me basant aussi sur mes propres expériences douloureuses, je suis certaine que cette expérience de vie t’a rendu plus toi-même, a augmenté ton amour propre et ta connaissance de toi-même. elle t’a sans aucun doute rendu plus forte. des fois Dieu fait en sorte qu’on ait ce genre d’expériences pour nous apprendre à vraiment nous respecter et aimer nous-mêmes. et avant tout, pour apprendre à faire confiance à notre propre intuition, la petite voix qu’on a tendance à ignorer si souvent.
    je te félicite pour le courage de parler de ce que tu as vécu pour aider les autres qui ont de telles expériences. je te souhaite plein plein de bonheur et d’amour. prends bien soin de toi dorénavant.

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    1. Je pense que l’on se comprend parfaitement. Et comme tu l’as dit, on en sort plus forte et plus déterminée que jamais. Aujourd’hui, je me sers de mon expérience pour avertir celles qui n’ont pas encore ouvert les yeux comme moi dans le passé. Merci pour ton commentaire et tes encouragements Elitsa, ça me fait toujours autant plaisir 🙂

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      1. 🙂
        en plus tu es d’une telle beauté!!!
        j’ai halluciné sur les commentaires quant à ton poids, ça me dépasse ce niveau de méchanceté et connerie. il doit être un homme extrêmement misérable et complexé… je te connais si peu et pourtant je suis certaine que tu mérites tellement mieux!

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      2. J’ai longtemps cherché à comprendre les raisons de son comportement mais j’ai vite pensé que mon temps était trop précieux pour le gaspiller à lui trouver un profil psychologique. Je ne saurai jamais pourquoi il était ainsi et si même il en avait conscience. Il n’y a, à mes yeux, aucune excuse valable pour justifier ce qu’il m’a fait. Et encore. Je n’ai bien entendu pas tout raconté. Il a été jusqu’à manquer de respect à mes parents et ma soeur.

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  2. Salam aleykoum
    SobhanaLlah c’est très lourd de lire de tels faits alors de les vivre j’imagine même pas. Qu’Allah fasse de cette épreuve que tu as vécu une expiation de péchés et un renforcement de ton caractère.
    Tu es solide masha Allah, beaucoup auraient du mal à s’en sortir et surtout a recommencé a zéro après ça.
    Al Hamdoulillah que tu aies pu sortir de ça et que tu aies pu connaître l’épanouissement et surtout que tu ne sois pas tombée dans la fatalité de  »ils sont tous les mêmes et me parlez plus jamais d’un homme. » Car j’imagine que c’est dur de se relever après une telle épreuve.
    Enfin kheir insha Allah. Qu’Allah te comble !

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    1. Sur le moment, on est comme assommé, on ne réalise pas, on ne prend pas conscience. Alors la douleur est moins intense que lorsqu’on prend conscience de ce qui nous est arrivé. Mais hamdoulillah, on en sort plus fort 🙂

      Merci pour ton commentaire ma jolie 🙂

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